LES MONSTRES

EN COLLABORATION AVEC @margaux_chevalier_,

Ce projet photographique explore la frontière fragile entre l’innocence de la jeunesse et les blessures qui y prennent racine pour persister à l’âge adulte. Inspirée par l’impact de mes propres traumatismes, j’ai voulu mettre en lumière cette dualité à travers un récit visuel où la pureté apparente côtoie la trace indélébile du vécu.

Pour retranscrire cette dualité, je souhaitais jouer avec le doux-amer. Ce concept s’exprime d’abord dans l’attitude des modèles, que je voulais figée, fermée. Ensuite, le choix des couleurs et du décor a joué un rôle important : la plaine comme terrain neutre, avec des couleurs très primaires qui renvoient à l’enfance et aux souvenirs. Le champ devient alors une métaphore du cycle de la vie, un terreau où l'on cultive les leçons du passé. Enfin, la pomme rouge apparaît comme marqueur d’une blessure, d’un poids à porter : le traumatisme, “les monstres” (et ce qu’on décide d’en faire).

J’avais la volonté de rester assez reculée avec la représentation du traumatisme. Je voulais qu’au premier regard, on voit la jeunesse.

Notes de Margaux, la styliste :

“À travers cette collaboration, j’ai souhaité mettre en avant l’ardeur des traumatismes et la fébrilité de l’enfance à travers une gamme de couleurs lumineuse, presque éblouissante : des total looks blancs, adoucis d’un jaune beurre, comme celui qu’on faisait refléter sur notre menton avec une petite fleur dans la cour de récré. Malheureusement, le traumatisme est dénué d’artifice et souvent caché. Pour cela, j’ai travaillé des looks sobres en puisant dans le vestiaire du « sous-vêtement » enfantin : maillot de corps, culotte, shorty, collant, chaussettes. Des mailles qui collent à la peau, comme signe d’emprisonnement.

Pour ancrer davantage cet univers, j’ai upcyclé deux débardeurs en y peignant des motifs jaunes pâles à la peinture textile : des rayures et des pois, très présents dans le vestiaire enfantin. J’ai conservé cet effet « j’ai dessiné sur mon t-shirt » parce que le dessin est, selon moi, un moyen d’extériorisation pour l’enfant. En bijoux, une collaboration avec Nonoz.stuff : des boutons en boucles d’oreilles et barrettes, comme une parure choisie par le parent.”

MODÈLES : @Modèles : @by_swnii_ et @snez_rss
Stylisme : @margaux_chevalier_
MUAH : @lmbeautelila
Bijoux : @nonoz.stuff
Assistante production : @noemieburiez
Direction artistique : @faustinedorgeville
Photo / Vidéo : @faustinedorgeville

Publié en juin chez @selin.magazine

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